S’assurer au-delà des frontières

S’assurer au-delà des frontières
« Paru dans Informations Entreprise N°167, Janvier, Février et Mars 2018 ». 1/2 “

Les entreprises envoient des bataillons d’expatriés à la conquête de nouveaux marchés. Ils sont 50 millions en 2017, 70 à l’horizon 2020. Selon les pays, les risques sanitaires et sécuritaires ne sont pas les mêmes, les conditions d’accès aux soins, leur qualité et leur prix non plus. Avant son départ, tout salarié missionné à l’étranger se doit donc de se préoccuper de sa protection sociale. Car celle dont il bénéficie aujourd’hui ne passera pas forcément la frontière avec lui.

Par méconnaissance de la part des assurés comme des entreprises, la question de la protection sociale des expatriés est mal appréhendée. Les entreprises ne sont pas du tout sensibilisées à la réalité et aux enjeux de l’assurance santé internationale privée, qu’elles pensent à tort calquée sur le modèle français (Sécurité sociale, mutuelle, pacte social, marché réglementé, etc.). Il y a donc un effort de pédagogie à effectuer auprès de tous pour bien leur expliquer le principe de l’assurance (couvrir un risque et non une dépense), les coûts, les règles et les risques médicaux propres à chaque pays, la notion d’antécédents médicaux exclus, le rapatriement et l’évacuation, l’inflation généralisée des frais de santé, etc. Sans cela, du fait de leur ignorance en la matière et de
celle des mutuelles françaises classiques, ils opteront pour des garanties qui ne seront pas adaptées. Trop souvent oubliée également, la jurisprudence internationale selon laquelle les entreprises doivent soutien et assistance à leurs salariés à l’étranger. Cette question de l’assurance des expatriés à l’étranger n’est donc pas à traiter à la légère. Quels sont leurs besoins et leurs attentes ? « Les expatriés en général, les Français en particulier, sont à la recherche d’une couverture santé importante. Habitués au standard hexagonal, ils aspirent à bénéficier, dans leur pays d’expatriation, du même niveau de protection sociale, avec des garanties totales », observe Romain Camillo, manager d’AOC Insurance Broker Asia. Une équivalence qui va cependant nécessiter de débourser bien davantage. « Ils sont également en quête d’un service. Ils veulent que leur assurance soit pratique, c’est-à-dire ne pas avoir à avancer les frais, une consultation chez un spécialiste ou même en médecine courante étant souvent bien plus élevée à l’étranger qu’en France, ou a minima que le remboursement soit rapide. Par ailleurs, bien que la plupart soient anglophones, ils restent encore timides dès lors qu’il s’agit de s’exprimer en anglais et se sentiront plus à l’aise face à des interlocuteurs francophones, qui comprennent leur langue et leur culture, pour les accompagner et les soutenir dans leurs démarches administratives ou en cas d’urgence. Seuls des assureurs internationaux, ayant déployé des équipes multiculturelles aux quatre coins du
globe, peuvent satisfaire leurs exigences. » Autre intérêt : le temps des missions à l’issue desquelles le salarié rentrait est révolu. Aujourd’hui, les expatriés les enchaînent et voyagent. Ils veulent donc une couverture santé qui les suive partout. Il semble que cela doive passer par l’assurance privée.

Privatisation du marché et individualisation du risque

Accusant une dette de 200 milliards d’euros, force est de constater l’échec du modèle de sécurité sociale français. La faute à un organisme trop coûteux, des dépenses de santé non contrôlées, un taux de fraude démesuré des ressources en baisse. Obligées de compenser la baisse des remboursements par la Sécurité sociale, les mutuelles augmentent leurs tarifs. « Le modèle de solidarité
est à la dérive, constate Romain Camillo, avec un déficit chronique et sans aucune réponse sur les questions de prévention et de santé digitale. Elles sont pourtant au
coeur des préoccupations des assurés aujourd’hui, qui cherchent à prolonger leur espérance de vie et à préserver leur santé. » Nous nous dirigeons ainsi doucement mais sûrement vers une privatisation du système d’assurance des particuliers comme des professionnels, d’autant plus pour ces derniers avec la remise en cause prochaine du RSI. Cette privatisation de l’assurance n’est pas propre qu’à la France. Les modèles sociaux de la plupart des pays ne fournissent qu’un remboursement limité des soins et ne permettent pas d’accéder aux meilleurs hôpitaux. Conséquence : les assurés se tournent de plus en plus vers les assureurs privés. Dans les pays en voie de développement, on observe l’implantation massive d’assureurs internationaux
qui viennent développer leur marché en répondant à une demande locale. Cette privatisation va de pair avec une individualisation du risque médical. « Le concept même de la couverture médicale se transforme aussi, confirme Romain Camillo. D’un système de mutualisation du risque médical (je paie pour celui qui est malade), on va vers une individualisation et une personnalisation du risque avec des services additionnels engageants l’assuré (en assurance automobile, je paie plus cher si j’ai un accident ; en santé, je paie plus cher si j’ai une mauvaise hygiène de vie). Les
technologies de l’information et du digital le permettent aujourd’hui. L’intérêt direct est de responsabiliser les individus. L’assuré qui paie en fonction de son état de santé sera soucieux de le préserver. En revanche, cela risque de pénaliser les démunis et les très-malades qui ne pourront pas s’offrir une assurance privée, ou qui en seront exclus. »

Comparateur pour assurance sur-mesure

En 2011, Olivier Le Faouder s’expatrie en Asie. Un changement de cap personnel et professionnel qui le confronte à une problématique nouvelle et l’inspire. « J’étais
devenu « expatrié » avec l’obligation de prendre en main ma propre protection sociale. Après une étude de marché très poussée auprès des assureurs santé internationaux, de la concurrence, du fonctionnement de l’assistance et de la gestion ainsi que des règles de compliance pays, j’ai pu constater que ce marché de niche était peu concurrentiel. Les « brokers » étaient dispersés, les comparateurs anglo-saxons avec des modèles basés sur les prix et non sur les besoins identifiés et la relation client. » L’idée d’un comparateur et AOC Insurance pour le porter était née. AOC Insurance Broker est une plateforme web qui permet de comparer les polices de santé proposées par les assureurs mondiaux, en envisageant toutes les combinaisons possibles. Tout se fait de manière digitalisée. Concrètement, une personne sur le point de partir à l’étranger pour raison professionnelle va adresser une demande en ligne en renseignant son profil et ses
besoins de garanties. Ces éléments vont être analysés, les plans de santé disponibles sur le marché (du moins cher au plus cher) comparés, avant l’envoi d’une recommandation
préconisant celui qui semble le plus adapté au profil et au pays d’expatriation de l’assuré.

La prévention par la santé connectée

La grande majorité des assurances santé internationales proposent des mesures de prévention et de protection classiques : vaccinations, bilans de santé, tests de dépistages, consultations médicales ou paramédicales de contrôle, médecine chinoise, etc. La m-santé et les objets connectés ouvrent la voie à une nouvelle forme de prévention et de suivi médical. Convaincu de leur
pertinence, AOC Insurance Broker a ainsi intégré à son application mobile des services en santé connectée gérés par une plateforme en machine learning. Objectif : aider les assurés à mieux comprendre leur santé, interpréter des résultats médicaux, s’autodiagnostiquer… en d’autres termes, les pousser à devenir acteurs de leur santé et, de la sorte, réduire les risques de maladies graves ou chroniques. Mais pour que cela fonctionne, l’assiduité de l’assuré est requise. AOC a ainsi mis au point un programme de fidélité, d’encouragement et de récompense à points. Explications. « Les points sont obtenus par les assurés en souscrivant à leur assurance santé, en la renouvelant, en recommandant AOC à leur entourage et en utilisant les services e-santé. Ils peuvent ensuite les utiliser pour accéder à des services de santé connectée ou obtenir des réductions pour l’achat d’objets connectés. Cet engagement nécessaire de l’assuré
à l’utilisation de la m-santé va lui permettre d’améliorer sa santé, donc de réduire à terme sa prime d’assurance. On obtient dès lors un cercle vertueux : l’assuré utilisateur de prévention digitale améliore sa santé et réduit les risques de maladies graves ; les coûts médicaux diminuent ; l’assureur baisse ses primes d’assurances ; l’assuré (ou son employeur dans le cas d’une assurance entreprise) renouvelle son assurance et recommande AOC ; AOC attribue des points supplémentaires ; etc. » Une opération gagnant-gagnant. Grâce à son modèle disruptif, AOC Insurance, seul
courtier comparateur en assurance santé internationale à disposer d’une application mobile interactive avec de la santé connectée à ce jour, entend bien peser sur ce marché au fort potentiel.